
Oh, j’ai oublié de vous dire quelque chose: je filme mon voyage. Du coup c’est dur de prendre autant de notes que je voudrais. J’espère pouvoir organiser une projection du film une fois monté, et que celui-ci sera plus agréable que ce blog. Bref, avançons.
Bien dormi. Réveillé à 4h30 par l’appel à la prière. Son et panorama fantastiques depuis la fenêtre de ma chambre. J’ai pas réussi à me rendormir alors j’ai commencé à lire un truc sur une ONG qu’on a visitée hier. Très informatif.
Nous rencontrons J. de ICAHD (Commité Israélien contre les demolitions de maisons).
Visite de Jérusalem afin de prendre conscience par nous-même du réseau de contrôle autour de la ville. La balade dans la vieille ville est envoûtante. Tant de dévouement. Ensuite nous rencontrons A., un colon israélien dont le but est de rendre Jérusalem aux juifs. Il travaille dans l’immobilier. Il vend des maisons à des juifs dans Jérusalem Est. Il est l’employé d’un célèbre juif millionnaire, Moskovic. Il nous dit que son travail c’est sa vie.
Au fait, A. vient d’Angleterre.
Ensuite nous quittons la vieille ville pour Jérusalem Est.
Quel choc ! Il ya quelques minutes nous nous baladions dans ce qui ressemblait de près à une ville européenne développée, et nous sommes maintenant dans un bidonville. Des ordures partout, des routes impraticables, des maisons à moitié démolies. L’état du lieu est catastrophique (rappelez-vous ce que nous disions à propos des services municipaux inégaux).
Nous passons l’habitation de A. au milieu de Sifwan (village palestinien), un énorme et horrible bâtiment en face d’une vieille station de police israélienne. Le gouvernement a passé un accord avec A. et lui vendra bientôt le terrain du vieux commissariat. Oui, les colons travaille VRAIMENT avec le gouvernement.
J. nous dit qu’un tiers des maisons dans Jérusalem Est est sous le coup d’un ordre de démolition. Et celle-ci peut avoir lieu n’importe quand, ne laissant la plupart du temps au familles expulsées que quelques heures pour quitter les lieux.
Nous voilà devant le mur des lamentations. J. est interrompu dans ses explications par un juif orthodoxe qui hurle qu’il est un menteur et soutien les kamikazes palestiniens. J. est prêt à s’engager avec lui dans une conversation moins “juvenile” et sûrement plus constructive, mais son interlocuteur refuse et s’éloigne en criant. Un autre homme m’approche pour me dire qu’il est très content que l’équipe de Chelsea ait un entraîneur israélien.
La nuit tombe sur Jérusalem Est et nous prenons la direction de la maison de S.
La route est tellement endommagée que le minibus se retourne presque. Notre chauffeur n’est pas content. Vraiment pas. La maison de S. a été détruite à 4 reprises. L’ICAHD l’a aidé à reconstruire à chaque fois, mais cela n’a pas empêché que S. et sa famille soient empêchés de vivre dans leur maison.
Du coup, il a décidé d’en faire un centre de paix. Le lieu est dédié à Rachel Corie, activiste américaine tuée par un bulldozer israélien à Gaza.
L’histoire de S. est incroyable. Lui et sa famille ont tant souffert. Il a été tabassé devant ses enfants. Sa fille, suite à des maltraitances, a perdu la vue pendant une journée. Son fils a souffert de multiples fractures lors de la destruction de leur maison. S. nous dit qu’il demande uniquement que son droit à vivre dans sa maison soit respecté, comme nous, comme vous. Il n edemande que le droit à vivre en paix. À aller travailler sans être harcelé.
On nous offre un délicieux repas, et on rencontre d’autres étrangers. On décide de se rendre ensemble à la manifestation contre le mur à Bil’in.
Enfin il est l’heure de rentrer à l’hôtel.
On reste dans le salon un petit peu, il y a tant à dire, à raconter.
Bonne nuit.
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